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Les mots pour le dire

Les adolescents qui en sont à l’étape de se connaître, de se différencier des autres et de s’affirmer pour prendre une saine distance de leurs parents ont besoin de pouvoir apprendre à identifier leurs forces et qualités, leurs vulnérabilités et difficultés. Les parents ont avantage à trouver des mots qui favorisent l’estime de soi chez leur jeune. Pour cela, les mots d’encouragement, les mots respectueux et réalistes face aux capacités du jeune sont gagnants. Il ne s’agit pas de louanger l’ado sans nuances ou de le blâmer de façon continue.

Il faut éviter les extrêmes et transformer le langage habituel. Par exemple, au lieu de dire à l’adolescent : « Dépêche-toi, tu vas encore être en retard! T’es pire qu’une tortue! », le parent qui souhaite voir une amélioration dans les comportements de son jeune, tout en le respectant, dira plutôt : « Thierry, il te reste 10 minutes avant de partir! Pense à ce qu’il te reste à faire pour être prêt. Je suis sûre que tu peux y arriver ! ». Si l’ado panique et est tannée de souvent être en retard, le parent peut lui suggérer un moment rapproché où ils pourront ensemble faire une recherche de solutions. Si le jeune veut le faire seul, c’est parfait et le parent s’assurera de faire un suivi et de souligner les améliorations qu’il observera dans les jours qui vont suivre.

Le langage respectueux et constructif demande que le parent prenne conscience de ce qu’il dit et qu’il reconnaisse l’importance des mots qui nourrissent le jeune et lui donnent la motivation nécessaire pour faire des efforts et atteindre ses objectifs, si petits soient-ils. Le parent a peut-être lui-même dû composer comme adolescent à des mots durs et écrasants. Des générations de parents ont cru qu’il fallait faire cela pour motiver les adolescents ou les faire obéir. Mais aujourd’hui, il est reconnu que le respect entraîne le respect. L’adolescent adopte des attitudes d’indifférence et s’oppose plus. Il peut manquer de respect envers son parent et vouloir lui enlever son rôle. Alors si le parent est, la plupart du temps, assez respectueux lors de  ses interventions, il peut demander voire exiger le même comportement de son ado. Sans quoi, il y a des conséquences.

Le parent peut éviter tous les mots qui insultent tels « T’es ben niaiseux! T’as rien d’intelligent à dire! T’es paresseux et tu ne changeras jamais! » Les mots qui mettent le jeune dans un rôle figé tels « T’es vraiment un bon à rien! Tu as l’air fou arrangé comme ça, il y a rien à faire avec toi! T’es le mouton noir de la famille!, etc. » sont à proscrire si vous voulez voir une évolution chez lui. D’ailleurs, le mot « défaut » est de moins en moins utilisé avec les jeunes car cela semble toujours très négatif et impossible à améliorer. C’est un poids pour la personne qui le porte, une honte. Alors qu’une difficulté et/ou une vulnérabilité peuvent être travaillées et transformées graduellement sans nécessairement disparaître complètement.

L’humour sarcastique peut aussi blesser et décourager un jeune : « Enfin, tu y arrives! Il était temps! Pour une fois que tu fais ce qu’il faut, ne t’attends pas à des félicitations! C’est trop beau, ça ne durera pas!, etc. » Il faut bien sûr, faire la différence entre l’humour sain et spontané qui fait rire tous ceux qui sont présents et le sarcasme dont le but est de rabaisser quelqu’un. Tous rit d’une personne qui elle ne rit pas. Il est bon d’éviter toutes les comparaisons douteuses et inutiles qui mettent frères et sœurs sur leurs gardes. « Regarde ta sœur, elle étudie et réussit toutes ses matières! » C’est le début ou la suite d’un éloignement entre les principaux concernés et d’une rivalité malsaine. Chaque jeune est différent et unique au sein de sa famille. Et chacun a ses forces et ses vulnérabilités.

Les mots qui font du bien sont simples et peuvent être dits sans raison ou but apparents. « J’ai remarqué que tes notes s’améliorent depuis quelques semaines. Tu t’organises bien avec tes études. Bravo! Tu sais, j’aime passer du temps avec toi, c’est très agréable! Je suis très heureuse d’avoir une fille comme toi dans ma vie! Tu sais que tu es drôle, tu me fais beaucoup rire! Je remarque à quel point tu es persévérant quand tu aimes ce que tu fais!, etc. » Tous ces mots d’appréciation que l’on dit spontanément parce que ça fait du bien de l’exprimer, sont des graines semées dans une terre fertile et vont donner de très belles fleurs et plantes. Demander l’aide de l’adolescent pour comprendre ou faire quelque chose est très valorisant pour lui car c’est une marque de confiance et de reconnaissance de ses capacités que le parent lui fait.

Enfin, les attentes du parent envers son jeune doivent être réalistes. Pour chaque ado, les défis de développement peuvent varier et il n’est pas approprié de comparer ses actions à celles d'autres ados qui n’ont pas les mêmes habiletés ou difficultés. Il est important de prendre le temps comme parent de réfléchir aux qualités et compétences qu’il décèle chez son jeune. Puis de voir les points à améliorer et cela selon sa réalité. Si le jeune a des difficultés d’apprentissage, cela peut être décevant pour le parent car il avait imaginé que son ado n’aurait pas de problèmes à l’école. La réalité toutefois fait en sorte qu’il doit ajuster ses attentes et féliciter son jeune pour ses « bons coups » peu importe si les jeunes de son âge sont plus avancés que lui.

Les mots pour dire à l’adolescent qu’il est l’apprécié et qu’il est plaisant de la voir évoluer sont tout simples et font du bien au cœur de celle ou celui qui les dit. Et il suffit d’imaginer ce que cela donnera à l’adulte qu’il deviendra pour se motiver à le faire…

 

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