Stimuler la coopération de l'adolescent
L’adolescence est un moment privilégié dans le développement du jeune pour apprendre à vivre en groupe. Il est ouvert et a besoin de faire partie de différents groupes. Même s’il est bon qu’il sente une appartenance au sein de sa famille, le groupe d’amis, de sport ou autre regroupement va prendre le dessus.
L’adolescent s’associe à d’autres jeunes pour définir ses valeurs, ses désirs et ses objectifs. En s’éloignant de ses parents, il doit trouver son appartenance à d’autres groupes. Il développe à son rythme des contacts plus ou moins intimes avec ses pairs et il a besoin de support pour développer son autonomie financière, sexuelle et personnelle.
En fait, les coauteurs du « Guide pratique à l’intention des parents sur l’estime de soi de nos adolescents » soulignent que l’adolescent coupe le cordon ombilical pour une deuxième fois. Mais il ne peut rester seul afin de poursuivre l’acquisition de l’autonomie. Il commence à ressentir de l’attirance sensuelle et sexuelle pour l’autre et c’est plus rassurant de vivre cela entouré d’amis avec qui il se sent bien, avec qui il a des points communs.
Le jeune apprend les règles du jeu, les façons de vivre en société et aussi les modes de participation et de coopération. Il apprend à l’aide de son groupe d’amis mais les parents et les éducateurs ont un rôle très important et c’est celui d’aider les jeunes à participer et à coopérer à la maison et à l’école. À l’adolescence, le jeune veut coopérer mais plus se conformer comme lorsqu’il était enfant.
Pour lui donner le goût de le faire, le parent doit pouvoir reconnaître la place que le jeune occupe au sein de la famille et le valider dans son besoin de remettre en question ce qui autrefois concernait les règles qu’il devait suivre. L’action en famille est importante, tel que prendre des vacances, faire un voyage ou avoir des projets de réaménagement de la maison par exemple. Cela peut aussi être de faire des activités ensemble, de prendre des moments pour échanger et mieux se connaître, pour partager des émotions et des rires. Être et faire ensemble permet de nourrir le lien, l’attachement, la relation entre le parent et son jeune.
Le jeune peut participer aux tâches ménagères, aux activités familiales, aux travaux scolaires faits à la maison, aux discussions, à l’organisation des fêtes, aux soins à donner aux plus jeunes, à ses dépenses personnelles, à l’élaboration des règles, à la résolution des problèmes familiaux et à l’atmosphère de plaisir qui règne dans la famille. S’il est aussi actif avec ses amis, il semble clair qu’il s’adapte à la vie de groupe, de société. S’il fait juste ce qu’il aime et à ses heures, il faut donc le pousser un peu plus et cela peut entraîner des conflits. Si sa vie sociale est presque inexistante, c’est qu’il existe sans doute un malaise dans sa vie.
Certains jeunes participent peu à la vie familiale, soit parce qu’ils s’opposent constamment à leurs parents ou que leurs parents ont démissionné! Il y a des parents qui eux-mêmes ne mettent pas l’effort nécessaire pour créer un climat familial agréable et bénéfique pour chacun des membres. Le jeune qui coopère à la vie familiale peut le faire par exemple, en offrant spontanément son aide sans que le parent lui demande, en rendant service, en acceptant de discuter avec les membres de la famille, en tenant compte des idées des autres, en ramassant ce qui traîne, en négociant avant d’agir, en respectant l’intimité de chacun dans la maison, en rationalisant ses dépenses et en convenant du nombre d’amis qui viennent à la maison.
Il faut comprendre que le jeune qui coopère bien en est un qui se sent respecté par son parent, quant à ses besoins, ses goûts et ses désirs. Si le jeune est trop centré sur ses propres besoins, le parent doit l’aider à tenir compte des autres. Un parent qui s’efface constamment pour laisser toute la place à son jeune, ne l’aide pas. Si le parent demeure trop contrôlant envers son ado, ce dernier se désengagera. Les réactions des adolescents donnent des indices aux parents observateurs qu’il y a sans doute des ajustements à faire dans l’approche parentale.
Le parent demeure un guide important dans la vie de son jeune mais il doit diminuer le contrôle sur celui-ci afin de l’aider à nourrir son estime de lui. Le contrôle engendre beaucoup de conflits ou une soumission, un désintéressement de l’ado ce qui n’est pas le cas avec un encadrement plus équilibré. En impliquant le jeune dans le processus décisionnel, le parent met les chances de son côté et stimule la motivation ainsi que l’intérêt chez son adolescent. Un jeune qui fait partie intégrante du dynamisme familial, qui se sent impliqué et considéré à sa juste valeur, va rendre aux autres la pareille. Il se sent plus optimiste sur son avenir et ses capacités à rendre ses rêves à terme.
Dans une société qui valorise l’individualisme et la réussite personnelle à travers la performance, plusieurs adultes ont eux-mêmes décroché des valeurs qui les animaient au départ. Alors quand les jeunes n’ont pas de modèles de participation et de coopération autour d’eux et qu’on leur montre à se méfier et à sauver leur peau, faut-il s’étonner de les voir se refermer sur leur petit monde sans se soucier des autres..?
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