L’adolescent à l’école secondaire; l’importance de s’y intégrer
Les adolescents ont généralement hâte de commencer le secondaire avec tous les changements que cela apporte. Effectivement, le jeune commence une nouvelle étape dans sa vie où il sera plus autonome et où il vivra des expériences qui l’amèneront vers l’âge adulte. Pour l’ado qui a développé une assez bonne estime de lui, ce sera une période excitante synonyme de beaux défis et d’aventures enrichissantes. Pour le jeune, qui n’a pu développer une estime de soi animée par une confiance en lui, il aura peur de l’échec, de ne pas être à la hauteur des défis qui l’attendent. Il va anticiper les épreuves, l’humiliation et même la détresse que cela lui fera vivre.
Entre ces deux extrêmes, il y a toutes les nuances possibles que la plupart des jeunes expérimentent, c’est-à-dire, ressentir la joie puis certaines craintes et puis, l’anticipation positive à nouveau. À l’adolescence, l’intensité et l’impulsivité étant très présentes, le jeune vivra les évènements en montagnes russes plus ou moins prononcées dépendant sa tendance à être émotif ou non. Mais pour quelles raisons, l’adolescent aurait-il des craintes? D’où viennent-elles?
Il faut se rappeler que toute période de changement amène son lot d’insécurité. À l’école primaire, l’enfant acquiert un niveau de sécurité apaisant surtout qu’en 6e année, il est parmi les plus grands de l’école. À son arrivée au secondaire, il plonge dans un univers nouveau et bien sûr, fait face à l’inconnu. Plusieurs jeunes ont peur de perdre des amis qu’ils fréquentaient au primaire. Leur groupe d’appartenance risque de se modifier.
Filles et garçons redeviennent les plus jeunes de l’école et peuvent éprouver certaines craintes de se faire intimider, agresser physiquement ou encore de se retrouver isolé, de ne faire partie d’aucun groupe. Plusieurs jeunes appréhendent le moment où ils devront s’habituer à avoir 7 ou plus, professeurs pour leur enseigner les différentes matières. Ils devront établir un lien de confiance minimum avec ces enseignants, sentir qu’ils sont acceptés et aidés par ceux-ci.
Si le jeune doit s’intégrer dans une polyvalente dès le secondaire 1, il aura peut-être la crainte de devenir anonyme dans cette grande foule. Il sera confronté à côtoyer beaucoup de jeunes de tous âges et genres. Au début, le jeune peut avoir peur de se perdre dans cette grande école, de ne pas avoir assez de temps entre les cours pour ses déplacements. Bref, l’adolescent se demande s’il sera à la hauteur de ses nouveaux défis.
Les ados craignent d’être confrontés aux gangs, à la drogue ou à la violence sous toutes ses formes. Sans oublier, le stress que peut engendrer le désir de bien performer au niveau académique avec les nouvelles matières, le niveau de difficulté qui est plus élevé, et les choix qu’il a faits en optant pour le programme sports/études, par exemple et qu’il ne veut pas perdre.
Devant tous ses enjeux, on peut comprendre que l’adolescent fait face à une période très formatrice et stimulante accompagnée de stress et de craintes tout à fait normales. Il développe son autonomie à travers cela et apprend à se faire confiance. Les parents se doivent de prendre conscience du support qu’ils ont à donner à leur jeune, d’une présence accueillante et rassurante tout en favorisant les prises de décisions de l’adolescent.
Le parent peut encourager son jeune à s’affirmer de façon constructive face à ses amis et enseignants ou intervenants scolaires. Il peut l’aider à comprendre certains aspects des relations qu’il vit tous les jours à l’école. Il peut le stimuler à poser des questions aux enseignants, à respecter leur façon d’enseigner tout en s’assurant que le jeune se sent lui aussi respecter. Autrement dit, le parent est là pour aider son ado à développer ses propres outils selon sa personnalité, ses capacités, son caractère pour faire face au milieu scolaire par lui-même le plus possible. Bien sûr, en cas de situation où l’équilibre du jeune est en péril, où sa sécurité est compromise, où ses problèmes d’apprentissage sont majeurs, les parents doivent intervenir auprès de l’école sans attendre que la situation empire ou soit irréversible pour le jeune.
Le parent doit s’intéresser au vécu scolaire quotidien de son jeune pour connaître les jeunes qui l’entourent, les professeurs et autres intervenants qu’il côtoie. Le faire parler de ses enseignants peut permettre de l’aider à voir les points forts de ceux-ci et de l’aider à gérer les aspects qu’il n’aime pas. Faire parler le jeune de ce qui l’intéresse à l’école, des objectifs qu’il veut se donner face à son avenir, peut l’aider à trouver des sources d’inspiration et de motivation pour s’intégrer à l’école.
Il faut se souvenir que tous les jeunes doivent développer un sentiment d’appartenance à leur milieu scolaire en s’impliquant dans différentes activités, sports ou autres actions qui leur font vivre concrètement ce qu’est ce fameux sentiment. Le jeune a une place bien à lui et il est souhaitable qu’il puisse saisir cette opportunité, ce droit à l’éducation comme étant une grande aventure remplie de beaux moments où il se découvrira et saura quelle est la place qu’il veut prendre au sein de la société. Ce n’est pas juste facile et simple, c’est pourquoi les parents ont un rôle primordial auprès de leur jeune, tout comme les intervenants scolaires.
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