Maisons transformées en dépotoirs
Encombrées de paperasse, de déchets et de toutes sortes d’objets hétéroclites s’accumulant parfois jusqu’au plafond, certaines maisons de la région ont des allures de dépotoirs. Aux prises avec un problème d’accumulation compulsive, des citoyens y vivent dans des conditions inimaginables, mettant leur santé et leur sécurité en péril.
Confrontés à plusieurs cas de personnes qui amassent de façon excessive des déchets et des objets en tout genre dans leur domicile, les pompiers de Chambly et Carignan, peu outillés pour faire face au problème, craignent de voir le phénomène prendre de l’ampleur avec le vieillissement de la population.
«Ces personnes, souvent âgées, accumulent toutes sortes de choses. Ça commence généralement par des objets non périssables, tels des journaux ou des vêtements, puis ça devient problématique quand suivent nourriture et déchets de toutes sortes», explique Stéphane Dumberry, directeur du Service d’incendie de la Ville de Chambly desservant aussi Carignan.
Actuellement, sur ce territoire, au moins six dossiers sont en traitement, dont trois cas lourds, indique la préventionniste Roxanne Arnaud.
«Dans certains endroits, il est difficile de circuler dans les corridors tellement il y a de choses d’amassées et des pièces de la maison sont carrément condamnées en raison des montagnes de matières accumulées», indique M.Dumberry.
Le directeur se souvient d’un cas, à Chambly, où le résident devait carrément se glisser dans son appartement par un tunnel au milieu d’une incroyable quantité d’objets entassés. Lors du nettoyage de l’endroit, les déchets ont rempli au moins une dizaine de conteneurs, raconte-t-il.
Nids à feu et à vermines
Les cas d’insalubrité résidentielle majeure concernent le plus souvent des individus atteints du syndrome de Diogène, se manifestant notamment par un besoin maladif d’accumuler et de mettre en réserve des objets ou des déchets.
Dépendamment de la nature des biens accumulés, divers problèmes peuvent survenir des moisissures aux bactéries en passant par la vermine et les infections.
Dans bien des cas, la salle de bain, croulant sous les objets accumulés, n’est tout simplement plus accessible ont constaté les autorités. Des résidents aux prises avec un grave problème d’insalubrité résidentielle gardent même leur papier de toilette usagé.
Dans certains dossiers, les domiciles sont tellement insalubres que les pompiers doivent se vêtir de combinaison de protection et de masque avant d’y pénétrer.
Par temps froid, l’accumulation excessive d’objets et de déchets représente de plus un risque d’incendie élevé en raison du chauffage, qui dans d’autres domiciles touchés, est carrément absent.
«C’est inimaginable comme conditions de vie. Des gens habitent ces endroits et le problème, c’est qu’ils refusent bien souvent catégoriquement de se faire aider», souligne le directeur Dumberry, indiquant qu’il s’agit souvent d’individus seuls et isolés qui peuvent agir tout à fait normalement dans la communauté.
«Dans certains endroits, il est difficile de circuler dans les corridors tellement il y a de choses d’amassées et des pièces de la maison sont carrément condamnées en raison des montagnes de matières accumulées» Stéphane Dumberry, directeur du service d’incendie
«Dans tous les cas que j’ai rencontrés, il s’agissait de personnes qui payaient leurs comptes, leur permis et qui avaient une carte d’assurance maladie valide. Il s’agit de gens qui ont l’air normal en société, que l’on peut croiser au restaurant sans se douter de rien», ajoute-t-il.
Un casse-tête pour les pompiers
L’accumulation compulsive préoccupe les pompiers puisqu’elle peut mettre en danger la sécurité des occupants ainsi que celle des personnes venant à leur secours en cas d’urgence. Avec le vieillissement de la population, le phénomène pourrait prendre de l’ampleur craignent les autorités.
Dans certains cas, les pompiers savent qu’ils ne pourraient même pas entrer à l’intérieur en cas d’incendie tellement la situation est dangereuse, indique M. Dumberry.
Des cas rares et extrêmes. Car une maison pleine à craquer de détritus et de matériels, où l’on peut difficilement circuler, combiné à l’eau des boyaux et aux flammes peut se transformer en véritable piège, voir en tombeau.
«C’est complexe, nous sommes démunis devant ce problème», souligne le directeur.
Certains règlements, tels ceux sur la prévention des incendies ou sur les nuisances, peuvent permettre aux pompiers d’intervenir lorsqu’il y a risque de feu ou que la charge de déchets et d’objets menace la structure de la maison, mais les interventions sont délicates et demandent du temps.
«Ce problème devrait être revu parce qu’actuellement, nous n’avons pas d’outil pour y faire face, nous n’avons pas le pouvoir de les protéger d’eux-mêmes», affirme la préventionniste Roxanne Arnaud.
Un problème complexe
Bien que des cas puissent être détectés à la suite de plainte du voisinage ou encore par les pompiers lors de leur tournée de vérification annuelle, le CLSC ne peut pas intervenir si la personne refuse de se faire aider.
En cas d’expulsion, le problème risque d’être simplement déplacé ailleurs lorsque la personne aménagera dans un nouveau domicile.
Dans des cas extrêmes, les pompiers doivent obtenir un ordre de la Cour pour pouvoir intervenir et assainir les lieux, malgré le refus des résidents. Un recours ultime qui n’a été utilisé que quelques fois selon le directeur du Service d’incendie.
«Normalement en parlant aux gens, avec l’aide de services tels le CLSC, on arrive à les convaincre de nettoyer, dit-il. Mais puisque c’est une maladie, il recommencent souvent.»
RECOMMANDÉS POUR VOUS

La lecture a de multiples bienfaits pour la santé
Lire pour le plaisir est associé à une réduction du stress, à une plus grande empathie, à un meilleur bien-être et à un sentiment de solitude moins lourd, montre une nouvelle étude britannique. À l'enfance, plus particulièrement, la lecture était associée à une meilleure capacité d'attention, à une meilleure mémoire, à de meilleures ...
LIRE LA SUITE
Les personnes victimes d’actes criminels ne doivent pas être oubliées
Alors que la campagne électorale provinciale bat son plein, le Réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) invite les partis politiques et les futures personnes élues à réaffirmer leur engagement envers les personnes victimes et à assurer la pérennité des services qui leur sont destinés. L’an dernier, près de 78 ...
LIRE LA SUITE
La douleur persistante du zona est maintenant mieux comprise
De petites particules présentes dans le sang causent probablement les douleurs persistantes qui continuent à affliger certaines personnes même si le virus du zona a été éliminé de leur organisme depuis longtemps, estime une nouvelle étude publiée par des chercheurs américains. Les résultats suggèrent que la douleur chronique liée au ...
LIRE LA SUITE