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Brasseur de bières et de souvenirs

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Entre les murs de sa brasserie chamblyenne Bedondaine & Bedons Ronds, couverte jusqu’au plafond de milliers d’items de bière, Nicolas Bourgault, armé de son fourquet de chêne, brasse «avec amour» des bières selon les méthodes traditionnelles.

«C’est une passion qui se partage», lance d’entrée de jeu l’artisan brasseur et collectionneur aguerri qui, au fil du temps, a rassemblé plus de 26 000 articles sur l’histoire de la bière, de sa fabrication à la dégustation.

Bouteilles, cabarets, sous-verre, décapsuleurs, publicités d’époque et vieux barils, environ 20% de sa collection se trouve à même le Pub, qui a pignon sur rue dans le Vieux-Chambly depuis 2005.

Une chose est claire lorsqu’on y met les pieds, le tenancier est un passionné. 

«Moi je vois ça comme une place pour faire découvrir. Je ne brasse pas pour le grand public, mais selon ce que j’ai envie de déguster puis je le partage avec les visiteurs», explique Nicolas «Bedondaine» Bourgault, accoudé au bar.

Ce surnom, qui le suit depuis ses débuts de brasseur à la maison, a d’ailleurs inspiré le nom de l’établissement, combiné à Bedons Ronds, qui fait référence au ventre de sa conjointe Stéphanie, enceinte de leur troisième enfant lorsque le projet a été mis sur pied.

L’art du brassage

Derrière le comptoir de l’établissement se trouve une vingtaine de pompes de bières en fût, non filtrées, dont la moitié environ sont des régulières, les autres variant au gré des saisons et des humeurs du brasseur.

Qui veut goûter aux bières de Bedondaines & Bedons Ronds, qui a remporté le concours Coup de cœur du public lors de la fête Bières et Saveurs de Chambly 2011, doit absolument venir sur place, puisqu’elles ne sont ni embouteillées, ni distribuées.

Le propriétaire, pour qui le brassage est un art, préfère produire de petits brassins de 300 litres, ce qui lui permet de créer certaines bières qu’il ne pourrait pas faire autrement. Les visiteurs viennent d’aussi loin que l’Europe et les États-Unis raconte le tenancier.

La bière «phare» de l’établissement est <I>L’Ensorceleuse<I>, une bière  de couleur rubis au miel de fleurs sauvages, graines de coriandre et écorces d'orange, spécialement créée par le brasseur en 1998 pour son mariage.

<I>La Promise<I>, d’inspiration India Pale Ale, figurait parmi les finalistes de la demi-finale du concours <I>La Grande Brasse<I> du Bières et Saveurs l’été dernier.

«Nous n’ajoutons jamais de sucre de sirop ou d’arôme artificiel dans nos bières, souligne l’artisan brasseur, pas plus que d’agent de conservation, de clarifiant ou autre additif.»

Comme pour le boulanger, qui pétrie sa pâte à la main plutôt qu’au malaxeur, brasser au fourquet, cet instrument traditionnel utilisé par le brasseur pour mélanger, permet de bien sentir son produit estime Nicolas Bourgault.

«Je pourrais augmenter ma production, mais je ne vise pas le volume, dit-il. L’important c’est de continuer à brasser au fourquet, à la main, et de produire des bières goûteuses et balancées.»

Brassage de souvenirs

Lorsqu’il a exposé une bouteille de bière dans chambre en 1990, l’année de ses 16 ans, Nicolas Bourgault n’aurait jamais pensé qu’il posait la première pierre de ce qui deviendrait une véritable passion et son métier.

Avec le temps, le petit logement montréalais qu’il occupait avec sa conjointe s’est transformé en véritable entrepôt d’articles de bières de toutes les époques.

«À la fin, il y avait des boîtes empilées partout et il fallait marcher de côté dans le corridor», raconte en riant celui qui détient un baccalauréat en sexologie.

Il faut dire qu’au fil de ses lectures, sa passion de collectionneur s’est élargie à celle de brasseur au point qu’il s’est procuré la «Cadillac du brassage maison» qu’il branchait sur le 240V de la prise de la cuisinière de l’appartement.

Sa passion devint finalement son métier et il occupa le poste de brasseur en chef dans deux brasseries avant de se lancer en affaires.

Après deux ans de travail, le couple, qui a déménagé ses pénates sur la Rive-Sud, a coulé sa première bière au public, au printemps 2005. L’aventure se poursuit depuis. En plus de la bière, Bedondaine & Bedons Ronds brasse bien des souvenirs.

«Le musée rappelle plein de choses aux gens. Il s’en raconte des anecdotes ici», confie le tenancier, qui propose aussi plus de 130 scotchs single malt à ses clients.

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