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Chambly prête à exproprier RONA pour acquérir l'ancienne conserverie

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30 octobre 2013
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Par Myriam Tougas-Dumesnil

Le site de l'ancienne conserverie, à l'angle du boulevard de Périgny et de la rue Maurice, fait désormais l'objet d'une réserve foncière imposée par la Ville de Chambly, qui souhaite acquérir l'endroit. Le maire Denis Lavoie a récemment affirmé en conférence de presse que l'emplacement serait « optimal » pour l'implantation de la nouvelle bibliothèque municipale.

En entrevue, M. Lavoie n'a pas voulu confirmer que la bibliothèque et le centre culturel projetés par la municipalité seraient érigés à cet endroit. « Je ne confirme ni n’infirme que c'est ce site. Mais on a mis une réserve foncière dessus il y a un mois. Ça cristallise la valeur du terrain et ça cible notre intention de s'y intéresser », a-t-il souligné.

Une réserve pour fins publiques a également pour effet de prohiber toute construction ou amélioration sur le lot concerné, et ce, pour une période de deux ans. Ce qui signifie que le centre commercial, que la Ville avait promis aux citoyens en septembre 2011 et qui devait ouvrir ses portes il y a maintenant plus d'un an, n'est pas près d'être bâti.

L'entreprise Développement Commercial Centro devait amorcer le projet de 20 M$ il y a belle lurette, mais les travaux n'ont toujours pas été entamés. Le dossier est actuellement devant les tribunaux. Les promoteurs arguent que la société Rona, propriétaire du site de l'ancienne conserverie, a fait preuve de mauvaise foi dans ce dossier et empêché la réalisation du projet. Selon eux, les rapports environnementaux fournis par Rona ne permettaient pas d'établir que l'immeuble situé au 1625 boulevard de Périgny était conforme aux dispositions de la Loi sur la qualité de l'environnement, ce qui aurait empêché la vente du site.

Me Bernard Boucher, l'avocat représentant Rona inc. dans le dossier, confirme que le litige n'est toujours pas réglé. « Nous sommes en attente d'expertises additionnelles de part et d'autre. La demanderesse et nous devons produire d'autres expertises avant de décider d'une date de comparution », précise-t-il.

Rona prétend que le site est décontaminé, mais on doit s'assurer de la conformité aux normes. Denis Lavoie, maire de Chambly

Malgré les procédures judiciaires en cours depuis près d'un an et demi, la Ville se portera acquéreuse des lots en question. « On peut toujours acquérir un site », a lancé le maire Denis Lavoie, qui confirme que Chambly a désormais la priorité dans l'achat du terrain. En imposant une réserve foncière, la municipalité amorce des démarches qui peuvent mener à l'expropriation. Deux issues sont possibles. Soit la société Rona conclut une entente à l'amiable avec la Ville, soit elle se voit expropriée.

Selon le maire, Chambly n'a pas encore négocié avec Rona. « On a deux ans pour faire ça. Il faut aussi prendre connaissance du rapport de décontamination. Rona prétend que c'est décontaminé, mais on doit s'assurer de la conformité aux normes. » Au ministère de l'Environnement, on n'a pu confirmer que le site était bien conforme aux dispositions prévues par la loi.

La société Rona n'a pas voulu commenter le dossier, puisqu'il fait l'objet d'une poursuite judiciaire. Toutefois, l'avocat de la société Me Bernard Boucher, a confirmé que Rona a reçu un avis de réserve, « la première étape d'un processus d'expropriation ou de négociations ». L'avocat représentant les promoteurs n'a pas donné suite à nos appels.

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