Prêts à tout pour l'éducation de leurs enfants
Depuis la rentrée scolaire, Frederik Boivin et sa conjointe louent un chalet à Waterville, en Estrie, où l'école des Enfants de la terre enseigne la pédagogie Waldorf à leurs deux filles. Le couple de Carignan n'hésite pas à parcourir la centaine de kilomètres qui séparent les deux villes, en attendant le jugement de la Cour sur le sort de l'école de la Roselière.
«La pédagogie, c'est tellement important. Waldorf, c'est l'extension de nos valeurs de la maison jusqu'à l'école. C'est un retour à la terre, aux bonnes valeurs. Ça sort de la performance, ça a un côté humain. On ne voulait pas que nos filles sautent une année», lance d'emblée l'enseignant dans un cégep de Montréal à propos de ses filles de six et huit ans.
Pendant que les deux écolières sont à l'école, les parents, de leur côté, font le trajet vers Montréal et Carignan pour aller travailler. «La transition a super bien été pour les enfants, c'est plus pour nous que c'est difficile», ajoute M. Boivin puisque sa conjointe ou lui-même dorment parfois à la maison de Carignan, laissant le reste de la famille à Waterville.
Deux fois en un an
C'est la deuxième fois que la famille Boivin se déplace pour que Stella et Sarah puissent fréquenter une école à pédagogie Waldorf.
«Avant, on habitait à Montréal, puis on a déménagé à Sainte-Julie pour avoir une meilleure qualité de vie pour les enfants. Ma femme a découvert l'école de la Roselière et nous sommes tombés en amour. Pendant un an et demi, on a fait le voyagement soir et matin», confie le père de famille.
Le 19 janvier 2013, la petite famille déménageait à Carignan pour se rapprocher de l'établissement chamblyen. Ils étaient loin de douter que trois jours plus tard, la Commission scolaire des Patriotes annoncerait le non-renouvellement du statut particulier de l'école de la Roselière en raison de «manquements importants».
Croyant fortement aux bienfaits de la pédagogie Waldorf, M. Boivin et sa conjointe ont été partie prenante dans le combat juridique qu'ont mené la CSP et la Coalition de parents durant la dernière année.
Un dilemme déchirant
L'objectif premier du couple est d'abord de sauver l'école de la Roselière, qui rappelons-le, devrait fermer ses portes en juin 2014.
La famille apprécie aussi l'établissement de Waterville, dont elle aimerait transmettre certaines caractéristiques à Chambly.
«Là-bas, la direction contribue au rayonnement de l'école. La commission scolaire supporte l'école, elle a même renouvelé le permis pour les trois prochaines années», précise le père de famille.
D'ici juin, un jugement déterminant le sort de l'établissement chamblyen devrait tomber, alors que les audiences du procès opposant la Coalition de parents de l'école et la CSP se sont terminées le 20 décembre.
Dans le cas où la Coalition remporterait sa cause, la CSP devrait alors demander au MELS ledit renouvellement, qui de son côté, va accepter ou refuser la proposition.
Dans le cas contraire, la famille ne sait toujours pas si elle achètera une maison à Waterville. «Une partie de nos vies est dans la région de Montréal. La décision n'a pas encore été prise», conclut M. Boivin.
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