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Des milliers de Canadiens ne sont pas diagnostiquées

VIH: fin le mois prochain du financement fédéral des tests à domicile

durée 12h00
19 février 2024
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Par La Presse Canadienne

L’initiative consistant à fournir partout au Canada des tests de dépistage du VIH à effectuer à domicile semble en péril, car son financement prendra fin le mois prochain, alors que les infections à ce virus augmentent au Canada.

Le gouvernement du Canada a fait savoir qu'il envisageait de mettre fin au programme d'autotests, selon Sean Rourke, un scientifique qui était l'un des chercheurs principaux d'une étude qui a contribué à l'approbation des tests au Canada. M. Rourke est également directeur de REACH Nexus aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), une organisation qui facilite l'achat et la distribution de la plupart des tests.

Pour utiliser le test appelé INSTI, il suffit d’utiliser une goutte de sang pour fournir des résultats en une minute, environ. Le programme devait être élargi pour inclure un test de dépistage du VIH et de la syphilis, qui a été approuvé par Santé Canada l'année dernière.

De nombreux travailleurs de première ligne affirment que les tests changent la donne en stoppant la hausse des nouveaux diagnostics de VIH. Il y a eu 1833 nouveaux diagnostics au Canada en 2022, ce qui représente une augmentation de près de 25 % par rapport à l'année précédente.

Les responsables de la santé publique de Montréal en ont enregistré 310 en 2022, soit une augmentation de 120 % par rapport à 2021, ce qui a représenté le plus grand nombre de nouveaux cas signalés en une décennie.

On estime que des milliers d’autres personnes à travers le Canada ne sont pas diagnostiquées.

Le premier autotest a été approuvé au Canada en 2020. Sean Rourke faisait partie du programme visant à fournir les tests à grande échelle à partir de novembre 2022. 

L'initiative a été saluée à l'époque par Carolyn Bennett, alors ministre fédérale de la Santé mentale et des Dépendances, qui a soutenu qu’elle réduirait les obstacles liés aux méthodes de test conventionnelles. «Veiller à ce que chacun au Canada ait accès aux options de dépistage et de traitement pour les maladies infectieuses comme le VIH est une priorité absolue pour le gouvernement du Canada», a précisé Mme Bennett dans un communiqué de presse daté de 2022, qui annonçait un investissement ponctuel de 8 millions $ pour acheter et distribuer les tests. Un montant supplémentaire de 8,6 millions $ a été prévu pour prolonger le programme jusqu'à la fin du mois prochain. 

Aucun fonds supplémentaire n'a été promis. L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) continue d'explorer les options permettant de rendre les trousses d'autodépistage du VIH accessibles aux organisations communautaires après le 31 mars 2024, selon ce qu’elle a écrit dans un courriel.

Selon Sean Rourke, il ne fait aucun sens de ne pas prolonger le financement. Si quelqu’un connaît son statut, il peut vivre une vie normale et ne contaminera pas les autres, rappelle-t-il. Le dépistage est un élément clef pour arrêter la propagation et les tests fonctionnent, ajoute-t-il.

Plus de 215 000 trousses ont été distribuées à près de 400 organisations à travers le Canada. Il existe également des sites Web et des brochures d'information permettant aux gens d'obtenir du soutien et des informations sur les soins de santé.

De nombreuses personnes ayant subi les tests répondent à une enquête anonyme, ce qui donne aux chercheurs des informations importantes en temps réel, de rappeler M. Rourke.

Quarante-cinq pour cent des personnes interrogées ont déclaré qu'elles effectuaient un test pour la première fois. Les tests ont également atteint les personnes autochtones et autres personnes racialisées, ainsi que celles qui travaillent dans l’industrie du sexe ou qui s’injectent des drogues.

Un test coûte environ 35 $ en ligne. Sean Rourke a déclaré que grâce à un accord d'achat négocié, cela coûte au programme 10 $. 

«Le coût n'est pas un problème. Ce programme fonctionne. Nous disposons de données montrant qu'il est efficace. Pourquoi ne pas continuer à le financer ? Il n’y a tout simplement aucune bonne raison de ne pas le faire

Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne

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