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Autosoins

Le réseau de la santé et l'AQPS lancent un outil numérique en prévention du suicide

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5 février 2026
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Par La Presse Canadienne

Le réseau de la santé et le communautaire s'allient en matière de prévention du suicide et lancent un nouvel outil numérique qui vise à prévenir la détresse psychologique par les autosoins.

Il s'agit d'un projet commun de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) et du Centre provincial d’expertise en technologie de l’information en santé mentale, dépendance et itinérance (CETI-SMDI).

Le lancement du site web MesOutils.ca a lieu jeudi dans le cadre de la Semaine de prévention du suicide. Il propose aux utilisateurs une plateforme pour faire de la journalisation (journaling), un questionnaire d'autoévaluation, un plan de sécurité, des exercices de respiration et des citations positives.

En tout temps, la personne peut accéder à la section «Besoin d'aide» où elle sera en mesure de rejoindre un intervenant par les canaux traditionnels, comme 1 866 APPELLE ou suicide.ca. L'outil possède également un assistant virtuel, qui n'est pas une intelligence artificielle (IA), qui aide la personne à naviguer sur le site selon ses besoins.

L'intelligence artificielle est un outil à double tranchant en prévention du suicide, mais Hugo Fournier, PDG de l’AQPS, croit que le Québec pourrait être un leader en la matière. Il rappelle que certains cas de décès par suicide impliquant l'IA ont été documentés aux États-Unis. «C'est une vague qui va déferler, et la question n'est pas ''est-ce qu'elle va déferler, c'est quand est-ce que ça va arriver?''» dit-il.

Un comité national de réflexion sur l'intelligence artificielle en prévention du suicide a récemment été mis sur pied, réunissant différentes expertises, entre autres des psychiatres, des cliniciens, des experts en IA. «Ce qu'on vise l'automne prochain, on aimerait beaucoup être capable de déployer un cadre sécuritaire d'utilisation de l'IA en prévention de suicide», a fait savoir M. Fournier.

Combler le manque de ressources?

Une première version de MesOutils a été déployée il y a environ cinq ans, en même temps que Suicide.ca. «C'était une application à l'époque, sauf qu'on pensait déjà à MesOutils dans 5-10 ans, comme aujourd'hui on pense à Suicide.ca dans 10 ans. Et l'opportunité qu'on a eue, c'est de créer quelque chose qui n'avait jamais été fait: un mariage entre le réseau public des soins de santé et nous, le communautaire», mentionne M. Fournier.

Jennifer Dahak, codirectrice du CETI-SMDI, affilié à Santé Québec, explique que MesOutils est souvent utilisé en complément à d'autres interventions, comme une psychothérapie, une intervention de crise ou une pharmacothérapie. «Toutes ces options sont valides, dit-elle. Il n'y a pas une seule solution qui fonctionne nécessairement toute seule. C'est l'ajout de toutes ces briques ensemble qui donne à la population le service le plus complet possible. Surtout que c'est accessible 24-7, c'est gratuit et c'est confidentiel.»

Les plateformes d'autosoins du gouvernement se multiplient depuis quelques années. Est-ce que cela est essentiel dans un contexte de manque de ressources? Mme Dahak reconnaît que l'accès aux services peut être difficile, mais elle soutient que tout le monde n'a pas nécessairement besoin d'une thérapie avec un psychologue.

«Certaines personnes en ont besoin pour certains critères, certains symptômes, des éléments qu'ils vivent au quotidien, mais ce qu'on essaie, c'est de donner à tout le monde une base commune, incluant pour nous-mêmes, pour nos proches et notre entourage», indique-t-elle.

M. Fournier fait valoir que l'outil donne «un peu de pouvoir» aux utilisateurs sur la prise en charge de leur santé mentale. «Seul, ça peut avoir une certaine aide, mais dans le continuum, lorsqu'une personne reçoit de l'aide, elle va pouvoir être autoportante dans ses choix et dans sa prise en charge de sa santé mentale. Je pense vraiment que ça a une différence dans la prévention du suicide, affirme-t-il, parce que lorsqu'on parle de problématique de santé mentale, on veut éviter justement que la personne puisse arriver dans le niveau supérieur où on ne veut pas aller, qui est le suicide. Donc, tout l'aspect en amont, c'est là que se situe l'action.»

Mme Dahak rappelle qu'une personne sur deux qui doit aller chercher de l'aide ne va pas la chercher en raison du stigma et de l'organisation complexe des soins et services. «Ce n'est pas simple de naviguer dans le réseau de la santé et des services sociaux», admet-elle. D'où l'importance de l'outil numérique qui peut faire de la prévention avant d'en arriver aux idées suicidaires.

Chaque jour, en moyenne, trois personnes décèdent par suicide au Québec. Pour chaque décès, entre 20 et 30 personnes font une tentative, et environ 200 vivent avec des idées suicidaires.

MesOutils.ca s'inscrit dans le Plan d'action interministériel en santé mentale 2022-2026.

Si vous pensez au suicide ou vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), par texto (535353) ou par clavardage à suicide.ca.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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