La production d'énergie éolienne doit tripler dans les prochaines années
Éoliennes: le gouvernement «fait beaucoup d'efforts» pour réduire les délais
La ministre de l’Environnement du Québec a rappelé aux dirigeants du secteur des énergies renouvelables que le gouvernement est déterminé à réduire les délais des évaluations environnementales des grands projets, comme la production d’énergie éolienne, qui doit presque tripler dans les prochaines années.
L'allègement réglementaire des autorisations environnementales «n’est pas un processus facile», mais «on fait beaucoup d'efforts», a lancé la ministre Pascale Déry aux membres de l'industrie réunis lors d’un sommet organisé par l’Association canadienne de l’énergie renouvelable (CanREA), à Montréal, jeudi.
La nouvelle ministre de l’Environnement a rappelé que son gouvernement compte raccourcir les échéanciers des autorisations de 18 à 9 mois pour les projets d’envergure, comme les éoliennes.
«Ce n’est pas parce qu'on réduit les délais qu'on n'est pas capable de le faire avec une rigueur environnementale», a indiqué la ministre.
Faire intervenir le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) plus tôt dans le processus permettra «d’avoir une meilleure interaction avec l'ensemble des parties prenantes» et aidera «au déploiement des projets énergétiques», selon le directeur pour le Québec et le Canada atlantique pour CanREA, Jean Habel.
«L'idée de pouvoir optimiser les délais au niveau de l'environnement, c'est de pouvoir bâtir les mégawatts le plus rapidement possible, tout en respectant l'entièreté des processus environnementaux», a également commenté le représentant de l'industrie, en marge d'une discussion avec la ministre.
Éoliennes: 10 000 MW d'énergie d'ici 2035
Hydro-Québec veut décarboner l’économie et créer de la richesse et, pour y arriver, elle estime avoir besoin entre 150 à 200 TWh additionnels pour répondre à la demande d’électricité au Québec d’ici 2050, soit deux fois plus d’électricité qu’actuellement.
Le plan d’Hydro-Québec, annoncé en 2024, propose d’atteindre 10 000 MW d'énergie éolienne à l'horizon 2035, soit presque le triple des 4000 MW de la puissance actuelle.
«C'est clairement ambitieux et ça va nécessiter l'effort de tout un chacun pour être capable d'y arriver. Ça représente en moyenne entre 1000 et 1500 MW à mettre en service par année sur la décennie à venir, ce qui est clairement un vrai défi», a indiqué Jan Ducouret, directeur principal du développement et des partenariats d’Hydro-Québec, lors d’un panel qui avait lieu avant l’intervention de la ministre Déry.
Depuis l’annonce de sa stratégie de développement éolien, Hydro‑Québec a conclu cinq ententes de partenariat totalisant un potentiel d’environ 12 500 MW avec «avec des MRC et des Premières Nations dans les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et du Lac-Sainte-Jean. »
Le défi de l’acceptabilité sociale
La société d’État a identifié 12 secteurs pouvant accueillir de la nouvelle production éolienne pour une mise en service entre 2031 et 2035.
Pour obtenir le feu vert, les projets devront être appuyés par les municipalités concernées.
Mais au sein des communautés, l’arrivée d’éoliennes divise parfois les gens, entre ceux qui acceptent d’installer ces infrastructures sur leur terrain en échange de rémunération, et les autres, qui en subissent les inconvénients.
L’Union des producteurs agricoles (UPA) a d’ailleurs fait une sortie récemment pour demander à Hydro-Québec de suspendre son appel d’offres éolien.
Selon le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, Yanick Baillargeon, qui participait à un panel lors du sommet de CanREA, obtenir l’acceptabilité sociale est devenu plus difficile qu’avant.
«Est-ce que c'est à cause des réseaux sociaux? Ou alors c’est depuis la pandémie? Je ne le sais pas. Mais c'est clair que, dans le futur, faire des projets d'envergure va être beaucoup plus difficile. Donc, d'impliquer les communautés à la base va aider à aller chercher cette acceptabilité sociale», a indiqué le préfet.
La MRC du Domaine-du-Roy fait partie d’un partenariat qui inclut la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, les Atikamekw de Wemotaci et Hydro-Québec.
Ensemble, ils comptent implanter un parc éolien dans la zone Chamouchouane, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui pourrait accueillir jusqu’à 3000 MW de capacité éolienne.
Cette «initiative de développement éolien» pourrait devenir «l’une des plus importantes de l’Amérique du Nord», selon Hydro-Québec.
Stéphane Blais, La Presse Canadienne
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