Le lécanémab
L'Agence des médicaments recommande de rembourser un médicament pour l'Alzheimer
L'Agence des médicaments du Canada recommande que les régimes publics d'assurance-médicaments prennent en charge un traitement dont l'efficacité a été démontrée pour ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer à un stade précoce, si les patients remplissent certaines conditions.
Le lécanémab est un anticorps qui cible l'accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau, considérée comme l'une des causes sous-jacentes de la maladie.
Santé Canada l’avait approuvé en octobre dernier, mais l’Agence des médicaments de Canada avait recommandé, en février, de ne pas le financer par les fonds publics en raison de doutes quant à son efficacité et à d’éventuels effets secondaires, tels qu’un œdème cérébral ou une hémorragie cérébrale.
Cependant, après avoir réexaminé la question à la demande du fabricant du médicament, Eisai, le comité d’experts de l’agence estime qu’il avait peut-être sous-estimé la «pertinence clinique» du lécanémab.
Dans une recommandation actualisée publiée jeudi , l’agence des médicaments reconnaît que les patients atteints d’Alzheimer à un stade précoce «sont confrontés à une maladie évolutive et, à terme, invalidante, pour laquelle les options thérapeutiques sont limitées».
L’agence précise que les patients admissibles ne doivent présenter que de légers troubles cognitifs, avoir une présence de protéine amyloïde confirmée par un scan cérébral ou une analyse du liquide céphalo-rachidien, et subir régulièrement des IRM afin de détecter tout signe d’œdème cérébral ou d’hémorragie.
«Le comité a abordé la question de l’autonomie des patients dans la prise de décisions éclairées concernant leur traitement, en concertation avec leur équipe soignante, au regard des bénéfices et des risques potentiels», indique la recommandation.
Si l’état d’un patient s’aggrave, passant d’une démence légère à modérée, le médicament ne devrait plus être remboursé, ajoute-t-elle. Les études ont démontré l’efficacité du lécanémab uniquement dans les stades précoces de la maladie d’Alzheimer.
Des associations de lutte contre la maladie d’Alzheimer au Canada ont exhorté l’agence des médicaments et les gouvernements provinciaux à financer le lécanémab, également connu sous son nom commercial, Leqembi, par des fonds publics.
Elles soutiennent que ce médicament peut prolonger la période de bon fonctionnement cognitif et offrir aux patients davantage de moments de qualité avec leurs proches avant que leur démence ne progresse.
Certains experts en démence ont indiqué que les effets secondaires possibles, tels qu’un œdème cérébral ou une hémorragie, sont généralement mineurs et ne provoquent pas de symptômes significatifs, même s’ils sont visibles sur les IRM.
Selon le Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement, le coût du lécanémab s’élève à environ 32 000 $ par an.
Il est administré par voie intraveineuse toutes les deux ou quatre semaines, selon le site web du consortium.
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Nicole Ireland, La Presse Canadienne
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