Université Harvard
Les aliments ultra-transformés ne sont pas nécessairement nocifs, dit une étude
Par La Presse Canadienne
Une alimentation saine à base de végétaux, riche en céréales complètes, fruits, légumes, fruits à coque, légumineuses et huiles végétales saines, est bénéfique, même si elle comprend quelques aliments transformés, conclut une étude réalisée par des chercheurs de l'Université Harvard.
Bien que de nombreux aliments ultra-transformés (AUT) aient tendance à présenter une faible qualité nutritionnelle et doivent généralement être consommés avec modération, voire évités, la transformation en soi n'est pas intrinsèquement nocive, a précisé dans un communiqué l'auteure de l'étude, la chercheuse post-doctorale Xiaowen Wang.
Cette étude, menée auprès de plus de 200 000 personnes, a révélé que la qualité globale de l'alimentation d'un individu était étroitement associée à son risque de maladie cardiaque, de diabète de type 2 et de décès. Toutefois, ces associations ne semblaient pas varier de manière significative en fonction du degré de transformation des aliments.
De nombreux AUT sont riches en sucres ajoutés, en sodium et en glucides raffinés; leur consommation excessive est donc associée à une mauvaise qualité alimentaire, a-t-on rappelé par voie de communiqué.
En revanche, certains AUT, tels que les céréales de petit-déjeuner enrichies, les produits à base de céréales complètes, les haricots en conserve ou les produits laitiers d'origine végétale, peuvent tout de même apporter des nutriments importants, des fibres, des antioxydants et d'autres composés bénéfiques, contribuant ainsi à une alimentation saine, précise-t-on.
Environ la moitié des participants à l'étude sont finalement décédés ou ont développé une maladie cardiaque ou un diabète de type 2. D'après les résultats, le risque de ces issues variait considérablement en fonction de la qualité globale de l'alimentation: une alimentation saine était associée à un risque plus faible, tandis qu'une alimentation malsaine était associée à un risque plus élevé.
Au sein de chaque catégorie, cependant, les risques étaient pratiquement identiques, que l'alimentation soit ultra-transformée ou peu transformée.
Conseiller aux gens «d’éviter systématiquement les aliments ultra-transformés peut entraîner une baisse de la qualité de l’alimentation, car certains aliments ultra-transformés sains sont bénéfiques, tandis que des aliments peu transformés, mais malsains, sont néfastes», a précisé Mme Wang dans un communiqué.
Il faut privilégier la qualité des aliments plutôt que de se concentrer uniquement sur leur niveau de transformation, a-t-elle ajouté, puisque privilégier les aliments riches en nutriments et de haute qualité peut «réduire votre risque de maladies chroniques».
Sur la base de ces résultats, elle suggère que les recommandations alimentaires continuent de promouvoir des régimes alimentaires de haute qualité déjà reconnus, tels que le régime méditerranéen ou les régimes sains à base de végétaux, plutôt que de se concentrer sur le niveau de transformation.
Elle souligne qu’encourager les fabricants à améliorer la valeur nutritionnelle des aliments emballés pourrait également contribuer à rendre l’adoption d’un régime alimentaire sain à base de végétaux plus pratique et plus accessible.
Mme Wang présente ses conclusions ces jours-ci lors de la réunion annuelle de l'American Society for Nutrition, qui se déroule en banlieue de Washington.
La Presse Canadienne
