Étude américaine
Les femmes enceintes sont de plus en plus exposées aux PM2,5 par les feux de forêt
Par La Presse Canadienne
Près des deux tiers des jours où les fœtus sont exposés à des niveaux nocifs de pollution aux particules fines PM2,5 sont désormais attribuables aux feux de forêt, conclut une nouvelle étude américaine.
Les particules fines PM2,5 – des particules polluantes dont la taille est inférieure ou égale à 2,5 micromètres – sont produites par l'activité humaine, mais aussi par des sources naturelles telles que les feux de forêt. Ces polluants constituent un risque pour la santé de tous, mais les femmes enceintes et les fœtus y sont particulièrement vulnérables.
Ces particules sont si fines qu'elles peuvent se loger au plus creux des poumons, voire entrer dans la circulation sanguine pour aller rejoindre d'autres organes. On les soupçonne d'être associées à différents problèmes de santé, notamment parce qu'elles sont vraisemblablement une source importante d'inflammation.
L'étude montre que l’exposition prénatale aux PM2,5 aux États-Unis a considérablement diminué entre 2003 et 2019, ce qui reflète des améliorations majeures de la qualité de l’air, a-t-on indiqué par voie de communiqué.
Toutefois, la contribution de la fumée des feux de forêt à l’exposition prénatale aux PM2,5 a plus que doublé, et en 2019, cette fumée était devenue la principale source des journées de forte pollution survenant pendant la grossesse aux États-Unis, disent les auteurs.
Au cours de la période étudiée, l'exposition prénatale quotidienne aux PM2,5, toutes sources confondues, a diminué en moyenne d'environ 34 %. Toutefois, si l'on exclut la pollution aux PM2,5 causée par les feux de forêt, la baisse est plus marquée – environ 37 % –, ce qui suggère que les feux de forêt ont annulé une partie des progrès réalisés. La part des feux de forêt dans la pollution prénatale totale aux PM2,5 a plus que doublé, passant d'environ 3,7 % à 8,2 %.
À la fin de la période étudiée, environ 65 % des jours où les concentrations de PM2,5 ont dépassé les seuils jugés sécuritaires par l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis pouvaient être attribués à la pollution atmosphérique causée par les fumées des feux de forêt – une proportion frappante, selon les chercheurs.
Depuis la fin de la période étudiée, plusieurs saisons de feux de forêt majeurs se sont produites, notamment les incendies de 2020 dans les États de l’Ouest et les épisodes de fumée liés aux feux de forêt canadiens de 2023 qui ont touché une grande partie de l’Est des États-Unis.
«Bien que l’étude ne puisse pas prédire si la pollution atmosphérique due aux feux de forêt a continué d’augmenter depuis 2019, il est plausible que la proportion de jours de dépassement prénataux attribuables à la fumée des feux de forêt ait continué d’augmenter», soulignent les chercheurs.
Des feux de forêt, est-il besoin de le rappeler, brûlent souvent hors de contrôle un peu partout sur la planète depuis quelques mois, notamment en Europe, dans le nord du Canada et aux États-Unis.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Frontiers in Environmental Health.
La Presse Canadienne
