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Deux ans plus tard

Le fédéral n'a toujours pas retrouvé 111 œuvres d'art autochtones de sa collection

Le fédéral n'a toujours pas retrouvé 111 œuvres d'art autochtones de sa collection
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Le gouvernement fédéral n'a toujours pas retrouvé 111 œuvres d'art autochtones manquantes dans sa collection, près de 2 ans après qu'un audit interne eut révélé qu'il ne pouvait pas attester de la présence de 132 d'entre elles.

La collection du Centre d’art autochtone — créé par le gouvernement fédéral en 1965 pour protéger, préserver et promouvoir l’art autochtone — comprend plus de 5000 œuvres d’artistes des Premières Nations, métis et inuits. Cette collection, dont la valeur est estimée à environ 14,4 millions $, comprend des œuvres d’artistes de renom tels que Christi Belcourt, Elisapee Ishulutaq, Kent Monkman et Norval Morrisseau.

Un audit interne de la collection, daté de novembre 2024, a été publié en octobre dernier sur le site web du ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord du Canada. Il portait sur les activités du Centre d’art autochtone du ministère entre avril 2019 et août 2024 et indiquait que le centre n’était pas en mesure de confirmer la présence de 132 pièces de la collection.

L’audit ne précise pas la valeur des œuvres d’art égarées.

Dans une déclaration envoyée par courriel à La Presse Canadienne, Jacinthe Goulet, porte-parole du ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, a indiqué que le ministère avait retrouvé 17 des œuvres d’art manquantes et que quatre autres avaient été signalées comme pouvant être des doublons dans sa base de données.

Mme Goulet a précisé que le ministère poursuivait ses recherches pour retrouver les autres œuvres d’art et qu’il procédait à des vérifications dans les bâtiments régionaux du gouvernement fédéral.

En 2022, le Centre d’art autochtone a commencé à transférer sa collection vers des entrepôts temporaires du secteur privé, tandis que l’ancien site de stockage faisait l’objet de travaux de rénovation.

L’audit a révélé que la collection était exposée à des «risques majeurs» pour sa sécurité pendant et après le transfert et a mis en garde contre un «risque accru de vol et de failles de sécurité».

Il a également averti qu’une mauvaise gestion des pièces de la collection présentant une importance culturelle pourrait constituer un risque pour la réputation du ministère et nuire à ses relations avec les peuples autochtones.

L’audit a révélé que parmi les 132 œuvres d’art égarées figurait un nombre indéterminé de pièces qui n’avaient pas été retrouvées, alors même que le ministère disposait d’une liste de leurs derniers emplacements connus.

«Il est essentiel de disposer d’instruments de politique à jour, assortis de rôles et de responsabilités clairs dans la satisfaction des exigences en matière de protection, de préservation et de promotion de la collection», indique l’audit.

«Le non-respect des exigences risque d’éroder la confiance qui lui est accordée par les artistes autochtones et de nuire au statut d’organisme désigné accordé à la collection par le Programme des biens culturels mobiliers de Patrimoine canadien.»

Le rapport d’audit a exhorté le ministère à tenir de meilleurs registres et à améliorer les processus de suivi et de contrôle des employés chargés de la gestion de la collection.

Mme Goulet a déclaré à La Presse Canadienne que le ministère continuait d’améliorer ses pratiques en matière de gestion des œuvres d’art et de tenue des registres.

Elle a ajouté que le ministère avait également renforcé les règles en matière de sécurité et de passation de marchés.

«Le ministère des Relations-Autochtones et des Affaires du Nord est conscient de l’importance de sa responsabilité envers la collection et envers les Canadiens. C’est pourquoi nous continuerons à prendre soin de ces trésors nationaux comme il se doit, à améliorer nos pratiques de gestion des œuvres d’art et à viser l’excellence», a écrit Mme Goulet.

Le ministère a indiqué l’année dernière que la plupart des œuvres manquantes avaient été prêtées à des organismes gouvernementaux dans les années 1980 à des fins d’exposition. Il a précisé que bon nombre des objets signalés comme manquants étaient des reproductions et qu’il n’y avait aucune preuve d’actes répréhensibles.

Alessia Passafiume, La Presse Canadienne

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