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27 mai 2020 - 14:00

Le meurtre est survenu à Mont-Saint-Hilaire le 22 mars 2017

Violences conjugales : le rapport d'investigation sur la mort de Daphné Huard-Boudreault dévoilé

Par Salle des nouvelles

Le Bureau du coroner annonce le dépôt du rapport de Me Stéphanie Gamache portant sur le décès de Daphné Huard-Boudreault, survenu à Mont-Saint-Hilaire le 22 mars 2017.

Une investigation a été menée afin de faire la lumière sur les causes et les circonstances du décès de cette jeune femme de 18 ans victime de violence conjugale.

Plaidoyer de culpabilité

Un plaidoyer de culpabilité a été déposé en mai 2019 par l’ex-conjoint qui faisait l’objet d’accusations criminelles en lien avec le décès de Daphné Huard-Boudreault et le processus judiciaire, incluant tout délai d’appel, s’est terminé à ce moment. Dans ces circonstances, la coroner a pu procéder à une investigation complète. Elle présente aujourd’hui ses conclusions et les mesures de prévention qu’elle propose pour éviter de tels décès dans le futur.

Quelques jours avant les événements, Daphné  Huard-Boudreault a mis fin à la relation avec son conjoint et a quitté l’appartement qu’elle partageait avec lui. Son ex-conjoint se serait alors montré contrôlant, possessif et jaloux. C’est en retournant à son ancien domicile pour récupérer ses effets personnels que la jeune femme s’est fait agresser mortellement.

La violence conjugale est un problème de santé publique complexe et important qui affecte toutes les couches de la société sans faire de distinction entre l’âge des couples impliqués ni même le stade de la relation à la source de cette problématique.

Elle engendre des conséquences désastreuses pour les victimes et leurs proches à plusieurs niveaux ainsi que des répercussions néfastes pour la société en général. Aussi, lorsqu’un décès survient dans un contexte de violence conjugale, c’est cette problématique qui doit être analysée et considérée dans l’accomplissement de la mission du Bureau du coroner, soit la protection de la vie humaine.

Recommandations de Me Gamache à différents organismes
pour lutter contre la violence conjugale

C’est donc dans ce contexte que Me Gamache adresse des recommandations à différents organismes pour qu’ils bonifient les initiatives et les procédures déjà en place pour continuer à prévenir, à dépister et à contrer la violence conjugale dans le but d’éviter des décès liés à ce fléau dans le futur.

Une problématique de santé publique concerne l’ensemble de la société et dans ce contexte, il est aussi important de sensibiliser la population au fait que la lutte contre la violence conjugale trouve racine dans les relations de couples bâties sur des rapports égalitaires.

Dans les circonstances, la coroner adresse également une recommandation à différentes entités gouvernementales pour que soit élaborée une campagne de sensibilisation et de promotion des rapports égalitaires dans les relations de couples.     

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue les recommandations de la coroner Stéphanie Gamache qui a examiné les circonstances entourant le décès de Daphné Huard-Boudreault, qui avait bouleversé le Québec en 2017. « La coroner a ciblé l’importance de la formation des policières et policiers et l’application du Guide de pratique policière du ministère de la Sécurité publique, cela va dans le même sens que les recommandations que nous avons déjà adressées au ministère », explique Chantal Arseneault, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

 

 

Voici les recommandations de la coroner en question :

Afin de protéger la vie humaine et d’éviter des décès comme celui de Mme Huard-Boudreault, Me Gamache formule les recommandations suivantes :

À la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent :

  • d’élaborer des ateliers de formation continue auprès des policiers concernant les comportements qui caractérisent les cycles de la violence conjugale pour mieux en détecter tous les signes avant-coureurs possibles;
  • d’effectuer des sessions de sensibilisation auprès des policiers concernant les vécus et les émotions des victimes de violence conjugale lorsqu’elles sont confrontées à cette réalité.

Au ministère de la Sécurité publique :

  • de porter son prochain mandat d’inspection sur le traitement des dossiers de violence conjugale pour s’assurer que tous les corps de police de chaque région administrative du Québec traitent adéquatement ces dossiers et utilisent tous les outils du Guide de pratique policière (GPP) à leur disposition pour identifier les risques d’agression et d’homicide lors de tout signalement impliquant de la violence conjugale;
  • d’évaluer l’opportunité d’insérer au GPP une section concernant les situations où une victime se présente au poste de police pour s’informer de ses droits et obtenir des conseils pour ainsi permettre aux policiers de revoir leurs pratiques internes et les adapter, au besoin, pour sensibiliser les victimes aux dangers potentiels auxquels elles s’exposent et à l’utilité d’avoir recours à un accompagnement des policiers de façon préventive.

Au Secrétariat à la condition féminine, au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et au ministère de la Santé et des Services sociaux :

  • de procéder à une campagne de sensibilisation et de promotion des rapports égalitaires dans les relations et d’étendre spécifiquement cette campagne, en l’adaptant à tous les élèves de la province de niveau d’enseignement secondaire.

 

 

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