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Les conclusions de cette étude ont récemment été publiées par le journal scientifique Substance Use and Addiction.

La consommation d'alcool ne réduit pas le risque de mortalité

La consommation d'alcool ne réduit pas le risque de mortalité
Photo: La Presse Canadienne, 2023

Une consommation faible ou modérée d'alcool ne réduit pas le risque de mortalité, conclut une gigantesque analyse financée partiellement par Santé Canada.

Deux consommations par jour, soit l'équivalent de 25 grammes d'alcool, pourraient même augmenter le risque de mortalité des femmes.

Ces résultats s'inscrivent dans la longue lignée des études ― dont certaines très récentes ― qui se sont penchées sur l'association entre l'alcool et la santé, et qui ont parfois accouché de résultats contradictoires.

«Je trouve que le message ici qui est important, c'est qu'ils disent qu'une consommation faible ou modérée n'est pas protectrice en ce qui concerne la mortalité, a ainsi nuancé Janice Bailey, la directrice scientifique du Fonds de recherche du Québec. Donc ici ils ne parlent pas nécessairement des maladies. Ils parlent de mortalité. Si on faisait la même chose avec les maladies, ce serait une histoire complètement différente.»

Deux chercheurs de l'Institut canadien de recherches sur la consommation de substances, à l'Université de Victoria en Colombie-Britannique, et leur collègue de l'Université de Portsmouth, au Royaume-Uni, ont passé en revue 107 études regroupant presque cinq millions de personnes.

Ils se sont notamment affairés à déterminer si les études analysées incluaient d'anciens buveurs dans leurs «non-buveurs», puisque d'autres recherches ont démontré que le risque de mortalité des anciens buveurs est nettement plus élevé que celui d'individus n'ayant jamais bu.

Les chercheurs ont aussi étudié les différences entre les hommes et les femmes, et analysé des facteurs qui pourraient avoir un impact sur la mortalité, comme le statut socio-économique.

«Il y a beaucoup de gens qui ne boivent pas parce que ça coûte trop cher, a dit Mme Bailey. Alors il y a peut-être dans leurs vies d'autres facteurs qui contribuent à une moins bonne santé.»

De même, poursuit-elle, les gens qui sont en mesure de prendre un verre de vin ou deux avec le repas du soir profitent possiblement d'une situation socio-économique plus bénéfique pour leur santé.

Buveurs occasionnels ou légers

Les auteurs de la nouvelle méta-analyse n'ont trouvé aucune réduction du risque de mortalité parmi les buveurs occasionnels ou légers, comparativement à ceux n'ayant jamais bu. Ils ont en revanche mesuré un risque de mortalité plus élevé parmi ceux qui consommaient entre 45 et 64 grammes, ou plus de 65 grammes, d'alcool par jour.

Le risque de mortalité était nettement plus prononcé chez les buveuses que chez les femmes n'ayant jamais touché à l'alcool.

Le niveau de consommation à partir duquel le risque de mortalité commençait à grimper était aussi plus bas chez les femmes que chez les hommes. Ce risque commençait à augmenter à partir de 25 grammes d'alcool par jour pour les femmes, mais à partir de 45 à 64 grammes par jour pour les hommes.

«Le rationnel de l'étude était de savoir si la consommation d'alcool était protectrice pour la santé, et eux ils disent non», a résumé Mme Bailey.

Mais en bout de compte, il n'est pas facile du tout de décortiquer la situation pour réussir à identifier exactement l'impact de l'alcool sur la santé, ce qui explique peut-être pourquoi différentes études en viennent à différentes conclusions.

«Il y a des millions de raisons pour arrêter de boire, mais quelqu'un qui arrête de boire, c'est peut-être quelqu'un qui a trop bu avant et ça peut avoir nui à sa santé», a ainsi cité en exemple Mme Bailey.

Si des chercheurs incluent d'anciens buveurs parmi les non-buveurs, et s'ils constatent une mortalité ou une morbidité un peu plus élevée parmi les non-buveurs, ils pourront avoir l'impression que le fait de ne pas boire du tout est plus dangereux pour la santé que le fait de boire un peu, a-t-elle expliqué.

Les conclusions de cette étude ont récemment été publiées par le journal scientifique Substance Use and Addiction.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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